E-ENCYCLOPEDIE-  -ETRAVE- 
 


                        Visiteurs depuis fin 2012
 


 
 -
    
 Copyright  W4N1B4                                        
                                                                                                                                                            1962 arrivée inaugurale du France à New-York  peint par Marie-Marin     
 

La grogne des entrepreneurs prend de l'ampleur En savoir plus sur http://lentreprise.lexpress.fr/jur

15/11/13



http://lentreprise.lexpress.fr/



La grogne des entrepreneurs prend de l'ampleur

L'accumulation des mauvaises nouvelles économiques plombe un peu plus chaque jour le moral des chefs d'entreprise français qui ont bien du mal à envisager une sortie du tunnel en 2014. Et commencent à sérieusement manifester leur mécontentement.

Par Philippe Flamand et Marianne Rey pour LEntreprise.com, publié le 

La grogne des entrepreneurs prend de l'ampleur

Alors que les mauvais indicateurs économiques se succèdent, la colère monte du côté des artisans. Le président de l'UPA, Jean-Pierre Crouzet, estime à 1,1 milliard d'euros les prélèvements supplémentaires sur les entreprises de l'artisanat, du commerce de proximité et les travailleurs indépendants au titre de l'année 2013.

istock

Après la dégradation de la France par l'agence Standard & Poor's vendredi 8 novembre, les nuages noirs continuent de s'accumuler dans le ciel hexagonal. L'abaissement de la note de la France par S & P (la deuxième fois en moins de deux ans) était officiellement justifiée par une " perte de marge de manoeuvre financière " de la France que l'agence d'évaluation financière juge " incapable de se réformer davantage en raison du maintien d'un chômage élevé ". Toutefois S & P indiquait ne pas envisager de modifier de nouveau cette note à court ou moyen terme.

L'accumulation des mauvais indicateurs économiques pourrait remettre cette stabilité en question.

Pour preuve les chiffres dévoilés par l'Insee ce jeudi 14 novembre : recul du PIB de 0,1% au troisième trimestre après un rebond bienvenu de + 0,5% sur trois mois au printemps ; destruction de 17 000 emplois pendant la même période dans le secteur marchand ; repli des créations d'entreprises de 0,7 % en octobre (principalement du fait de la diminution du nombre de nouveaux auto-entrepreneurs) ; baisse des prix de 0,1 % en octobre pour atteindre un niveau d'inflation au plus bas depuis novembre 2009 nourrissant des craintes de déflation et sa spirale de destruction d'activité et d'emploi. Cerise - amère - sur ce gâteau - brûlé - la Banque de France enfonce le clou en annonçant le même jour une aggravation du déficit des transactions courantes de la France de 3,6 milliards d'euros en août à 3,9 milliards en septembre, dû principalement à l'augmentation du déficit des échanges de biens (- 5,8 milliards d'euros en septembre contre -- 5,4 milliards en août). Des chiffres qui traduisent une position dégradée de l'économie française par rapport au reste du monde.

Compétitivité en berne

 

Pour faire bonne mesure, l'OCDE pointe de son côté l'insuffisante compétitivité de la France qui doit " renforcer la concurrence dans le secteur des services, comme le commerce, les transports ou l'énergie ". L'Organisation de coopération et de développement économiques souligne que le recul des parts de marché hexagonales à l'exportation est "le symptôme de faiblesses économiques sous-jacentes " qui " ne renvoie pas seulement à la question de la capacité d'exportation de la France mais d'une manière plus générale à sa capacité productive et à son potentiel de croissance ".

La colère monte

Bref de quoi alimenter le moulin des contempteurs de la politique gouvernementale.

Alors que le président de la République François Hollande était en visite officielle à Monaco, quelque 800 agriculteurs arborant le désormais symbolique bonnet rouge de la révolte manifestaient contre la majoration de leur taxe foncière à Nice. De leur côté lesartisans et commerçants sont montés au créneau en affichant dans leurs vitrines, dans leurs boutiques, à l'accueil de leurs entreprises ou sur leurs camionnettes des affichettes noires barrées des mots "sacrifiés mais pas résignés" et portant l'adresse d'un site internet où signer une pétition de soutien. " Cette mobilisation vise à montrer l'exaspération des chefs d'entreprise de l'artisanat et du commerce face à l'accumulation des prélèvements sociaux et fiscaux supplémentaires ", précise l'UPA (Union professionnelle artisanale qui représente 1,3 million de d'entreprises). " C'est la proximité qui va mourir, c'est l'animation des quartiers, des centres-villes, des villages qui disparaît ", insiste son président Jean-Pierre Crouzet, qui estime à 1,1 milliard d'euros les prélèvements supplémentaires sur les entreprises de l'artisanat, du commerce de proximité et les travailleurs indépendants au titre de l'année 2013 auxquels s'ajouteront 100 millions en 2014, tout en se défendant de " toute récupération politique."

Les TPE pessimistes

Des artisans bien souvent à la tête d'entreprises de moins de dix salariés qui sont du coup peu enclins à embaucher comme lamajorité des dirigeants de très petites entreprises (TPE), à en croire le dernier baromètre Ifop-Fiducial (*). Plus de sept patrons de TPE sur dix renonceraient ainsi à investir et près de la moitié à embaucher en raison de la politique fiscale du gouvernement, selon la 52e édition de ce sondage publié jeudi 14 novembre.

Et les choses risquent de ne pas s'améliorer puisque pour 2014, peu de patrons de TPE croient en la promesse d'une pause fiscale : 75 % craignent au contraire une hausse supplémentaire.

Conséquence : la cote de confiance générale envers l'exécutif reste bloquée à 13 % d'opinions favorables pour le deuxième trimestre consécutif, soit le niveau le plus bas depuis la création de ce baromètre.

Pour illustrer encore un peu plus le décalage existant entre les mesures annoncées et les attentes des entrepreneurs, uniquement 10 % des patrons de TPE estiment que le gouvernement prend en considération les préoccupations liées à leur activité, soit un recul de 12 points depuis l'élection de François Hollande ", commente Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles de Fiducial.

Haro sur la politique fiscale... et les organisations patronales

Une seule chose nous intéresse : que la croissance française reparte. Pour cela, il faut qu'elle libère les entrepreneurs ", affirme en écho Dominic Jabouley, patron de l'entreprise Jabouley (textile) et porte-parole du mouvement des Dupés. Un mouvement d'environ 4 500 entrepreneurs stéphanois (les " Dirigeants ulcérés par la politique économique et sociale - Dupés ", qui a émergé au printemps dernier. Son manifeste revendique un allégement du code du travail, une baisse du coût du travail, ainsi qu'une réduction de la différence entre salaire brut et salaire net. " Nous n'avons pas vocation à remplacer les organisations patronales mais nous estimons qu'ils n'ont pas fait ce qu'il fallait pendant trente ans, explique Dominic Jabouley, qu'ils ont laissé faire trop de choses aux gouvernements de droite, comme de gauche. Nous voulons les bousculer, les inviter à abandonner le politiquement correct. "

Retrouver les chemins de la croissance

Autre révolté, Guillaume Cairou, dirigeant du groupe Didaxis (portage salarial), et président de Club des Entrepreneurs qui a rendu public jeudi 14 novembre (lui aussi) une tribune libre intitulée: " La France a euthanasié son secteur privé ! ". " Tous ces mouvements d'entrepreneurs peuvent donner une impression de chaos, reconnaît Guillaume Cairou, ou que ce sont des lobbies qui montent au créneau. Mais si nous nous mobilisons, c'est pour défendre l'emploi. Tous les indicateurs sont au rouge, mais les politiques sont totalement déconnectés du terrain. Nous sommes peut-être écoutés, mais certainement pas entendus. Nous demandons aux gouvernants de ne plus seulement activer le levier des recettes fiscales, mais de faire enfin des économies et de procéder aux réformes structurelles indispensables ", ajoute cet entrepreneur qui appelle à " surmonter toutes les rigidités et les conservatismes " pour " retrouver le chemin de la croissance ".

(*) Enquête réalisée par téléphone du 10 au 28 octobre auprès d'un échantillon de 1.003 dirigeants de TPE (hors auto-entrepreneurs).


En savoir plus surhttp://lentreprise.lexpress.fr/juridique/la-grogne-des-entrepreneurs-prend-de-l-ampleur_44217.html#ZUJr7tT0QMHEbT3f.99

Partagez sur les réseaux sociaux

Catégories

Autres publications pouvant vous intéresser :

Commentaires :

Laisser un commentaire
Aucun commentaire n'a été laissé pour le moment... Soyez le premier !



Créer un site
Créer un site