ENTREPRISE - Et non, à 50 ans et plus, on ne rêve pas forcément d'une vie paisible à la retraite. Selon une étude socio-économique de l’Observatoire Alptis (groupe associatif d'assurance) de la protection sociale, une évolution chez les personnes âgées de 50 ans et plus est notable. De plus en plus de seniors sont... entrepreneurs.
Ces seniors représentent 28% de la population active, selon cette étude réalisée par l'assureur. Parmi eux, 15,7% sont des entrepreneurs, plus d'un quart (26,8%) des travailleurs indépendants et des employeurs, et en 2011, près de 16% des créateurs d'entreprise. Par comparaison, la population active générale atteint un peu plus de 11% d'entrepreneurs. Malheureusement, les femmes ne représentent qu'un tiers de ces seniors actifs.
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"Quand ils créent leur entreprise, beaucoup sont en situation de faiblesse économique. Ils sont notamment inactifs ou au chômage. Mais pas plus que dans la population générale. Leur principale motivation n’est pas simplement économique", explique dans l'étude Stéphane Rapelli, économiste, spécialisé dans l’étude des travailleurs indépendants et des très petites entreprises. Leur but principal est de maintenir une activité intellectuelle tout en ayant une vie sociale et une liberté d'aménager leur temps de travail à leur convenance. C'est pour eux l'opportunité d'enrichir leur carrière avant de prendre la retraite.

Etre acteur de sa propre vie
Par ailleurs, pour le sociologue Serge Guérin, lui aussi cité par l'étude, les seniors "tiennent à être les acteurs de leur propre vie, sans attendre passivement la résolution de leurs problèmes par une aide venue d’ailleurs, même si elle est la bienvenue." La vieillesse change, selon lui, et témoigne d'une dynamique qui devrait s'amplifier, pour plusieurs raisons. La plus évidente étant le contexte de crise. Mais il s'agit surtout, pour les seniors, de vouloir réaliser quelque chose.
Le sociologue Serge Guérin dresse cinq profils type de ces seniors entrepreneurs:
- Le débrouillard crée son entreprise par défaut : il se voit comme un déclassé qui doit trouver une solution pour sortir d’une situation de précarité ; il est dans une logique de court terme.
- L’opportuniste cherche avant tout un complément de revenu en faisant fructifier un savoir-faire, issu de son expérience professionnelle ou pas.
- Pour l’hyperactif, ça n’est pas tant le supplément de revenu qui importe que la reconnaissance sociale et culturelle et la réalisation de soi, en entrant dans la vieillesse la tête haute.
- Le passionné voit dans l’entrepreneuriat le moyen de réaliser et de partager une passion grâce au temps désormais disponible.
- L’impulsif répond à une opportunité qui ne correspond pas forcément à une préoccupation ancienne: il met à profit une occasion qui se présente.
Le HuffPost | Publication: 15/10/2013 11h39 CEST | Mis à jour: 15/10/2013 11h52 CEST