En 2011, près de 16% des créateurs d'entreprises avaient au moins 50 ans, selon l'Insee. "Si entre 2003 et 2011, la population des entrepreneurs a augmenté de 13,7 %, la progression des effectifs âgés de 50 ans et plus explique à elle seule 5,5 points de cette croissance", souligne l'étude.
Entre contraintes économiques et désirs d'indépendance
Les seniors étaient près de 51% à être privés d'emploi ou inactifs avant de créer leur entreprise. Mais le chômage ne peut expliquer, à lui seul, ce choix, selon l'étude :
Le besoin d'indépendance (prioritaire), la volonté de rester actif, de préserver une vie sociale, d'essaimer une expérience ou d'enrichir une carrière par une ultime expérience sont des facteurs importants.
"Hier, les seniors entrepreneurs étaient des personnes qui n'avaient pas forcément choisi cette situation", souligne Serge Guérin, citant notamment ceux qui "se retrouvaient dans l'incapacité de vendre ou de transmettre leur entreprise".
Aujourd'hui, si pour beaucoup, ce projet a toujours pour but de "faire évoluer une situation non satisfaisante : chômage,absence de possibilité d'évolution...", l'étude note que "l'autre grand type de besoin, plus positif, correspond au désir de créer un mode de vie qui réponde à ses attentes : accroître son revenu, être indépendant, choisir son temps de travail..."
Le profil type : un homme, chômeur, qui est souvent un ancien cadre
Au niveau du profil, d'après l'étude, ces seniors entrepreneurs sont principalement des hommes (à 77,5% dans l'entrepreneuriat classique et à 68,1% dans l'auto-entrepreneuriat), et le manque de diplômes ne semble pas être un frein, car c'est l'expérience professionnelle qui prime.
Par ailleurs, il y a une prédominance d'anciens cadres, et ils se distinguent des entrepreneurs plus jeunes par des conditions matérielles plus favorables (emprunts remboursés, plus d'enfant à charge).
Les "quinquagénaires et plus" représenteront 40% de la population française en 2030
A l'heure actuelle, les "quinquagénaires et plus" sont 22 millions dans l'Hexagone. En 2030, ils seront près de 30 millions, soit environ 40% de la population française.
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