Le Forum économique mondial (World Economic Forum) est une fondation à but non lucratif dont le siège est à Genève. Le Forum est connu pour sa réunion annuelle à Davos, en Suisse, qui réunit des dirigeants d’entreprise, des responsables politiques du monde entier ainsi que des intellectuels et des journalistes, afin de débattre des problèmes les plus urgents de la planète, y compris dans les domaines de lasanté et de l’environnement. Le forum organise également la « Réunion annuelle des nouveaux champions » en Chine et plusieurs réunions régionales qui se tiennent tout au long de l’année. Il a été créé en 1971 par Klaus M. Schwab, professeur d’économie en Suisse1. Parallèlement aux réunions, le forum publie un certain nombre de rapports économiques et implique ses membres dans différentes initiatives liées à des secteurs spécifiques2.
Le Forum économique mondial est une fondation à but non lucratif. Il ne défend aucun intérêt politique, partisan ou national et s'est donné pour mission « d’améliorer l’état du monde »3,4.
Il a le statut d’observateur auprès du Conseil économique et social des Nations Unies et est placé sous la supervision du gouvernement suisse. La plus haute instance du forum est le Conseil de fondation 5, constitué de 22 membres, parmi lesquels figurent majoritairement des chefs d'entreprise, tels que le PDG de RenaultCarlos Ghosn, le publicitaire français Maurice Lévy, le PDG d'Alcatel-Lucent Ben J. Verwaayenet et le PDG de Goldman Sachs Peter D. Sutherland, mais aussi quelques personnalités politiques telles que la reine Rania de Jordanie, la Présidente du FMIChristine Lagarde6, ou l'ancien Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan.
Le financement du forum est assuré par les 1 000 entreprises membres7. Le profil type de l’entreprise membre est une multinationale réalisant unchiffre d'affaires supérieur à cinq milliards USD (soit environ 3,7 milliards d'euros), un chiffre qui peut toutefois varier selon la branche et la région concernées. Par ailleurs, ces entreprises se classent parmi les meilleures dans leur secteur d’activité et/ou pays et jouent un rôle prédominant dans l’évolution future de leur secteur d’activité et/ou région.
Depuis 2005, les entreprises membres versent des droits d’adhésion annuels de 42 500 CHF (soit environ 34 000 euros), ainsi que des droits de 18 000 CHF (environ 14 500 euros), un montant qui couvre la participation de leur PDG à la réunion annuelle de Davos. Les Industry Partners et les Strategic Partners versent respectivement 250 000 CHF (soit plus de 200 000 euros) et 500 000 CHF (soit plus de 400 000 euros), ce qui leur permet de jouer un rôle plus important dans les initiatives du forum8,9.
Klaus M. Schwab, fondateur et président du Forum économique mondial et François Fillon le Premier ministre de la République française, 2008.
Evénement phare du Forum, la Réunion annuelle a lieu chaque année à la fin janvier à Davos. Cet événement organisé dans la célèbre station de sport d’hiver des Alpes suisses réunit les PDG des 1000 entreprises membres du Forum ainsi que des responsables politiques, des représentants des milieux universitaires et des ONG, des chefs religieux et des personnalités du monde des médias10. La participation à la Réunion Annuelle est uniquement sur invitation. Environ 2 200 personnes participent à cet événement de cinq jours et assistent aux quelque 220 sessions inscrites au programme officiel. Les discussions traitent de questions clés de portée mondiale (telles que les conflits internationaux, la pauvreté et les problèmes environnementaux) et des différentes solutions possibles2. Près de 500 journalistes (médias en ligne, presse écrite, radio et télévision) participent à la Réunion Annuelle. Les medias ont accès à toutes les sessions inscrites au programme officiel, dont certaines sont également diffusées en direct sur le Web11.
Toutes les séances plénières de Davos peuvent être suivies sur YouTube12, des images sont disponibles gratuitement sur Flickr13 et les citations clés peuvent être consultées sur Twitter14. En 2007, le Forum a ouvert des pages sur des plateformes de réseau social telles que MySpace15 etFacebook16. Lors de la Réunion Annuelle en 2008, le Forum a invité le public à répondre à la Davos Question sur YouTube17, lui permettant ainsi d’interagir avec les dirigeants mondiaux présents à Davos, eux-mêmes conviés à répondre depuis un YouTube Video Corner situé dans le Centre de congrès18. En 2008, des conférences de presse ont été diffusées en direct sur Qik(en)19 et Mogulus20, donnant la possibilité à toutes les personnes intéressées de poser des questions aux intervenants. En 2006 et 2007, des participants sélectionnés ont été interviewés et la session de clôture a été diffusée dans l’auditorium Reuters de Second Life21.
Samuel Huntington a décrit les participants à la réunion annuelle comme appartenant à l’espèce de « l’homme de Davos », en référence à une élite mondiale dont les membres se projettent dans une dimension purement globale24,25.
En 2007, le Forum a introduit la "Réunion Annuelle des Nouveaux Champions" qui se tient tous les ans en Chine. Cet événement a été créé à l’intention des "Global Growth Companies". Il s’agit d’un groupe de «champions économiques» provenant essentiellement de différents pays émergents caractérisés par une croissance rapide tels que la Chine et l’Inde mais également d’un certain nombre de «locomotives» issues des pays développés. La Réunion s’adresse en outre à la prochaine génération de dirigeants mondiaux, aux régions à croissance rapide, aux villes compétitives et aux Technology Pioneers du monde entier26,27.
Chaque année, une dizaine de réunions régionales sont organisées, favorisant l’établissement de contacts étroits entre les dirigeants d’entreprise, les chefs de gouvernement locaux et les ONG. Les réunions ont lieu en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et au Proche-Orient. Les pays où se tiennent les réunions varient d’une année à l’autre, à l’exception de la Chine et de l’Inde qui ont régulièrement joué le rôle de pays hôtes au cours de la dernière décennie28.
En 2011, le Forum a mis en place le Global Shapers Community, une communauté de jeunes dirigeants de 20 à 30 ans dotés d’un grand potentiel pour jouer un rôle dans l'avenir de la société et qui travaillent à améliorer la situation des populations autour d’eux.
Depuis 2000, le Forum a défendu des modèles développés par les principaux entrepreneurs sociaux au monde, en étroite collaboration avec la Schwab Foundation for Social Entrepreneurship35. Cette fondation considère l’entrepreneuriat social comme un élément clé pour faire progresser la société et résoudre les problèmes d’ordre social36,37. Des entrepreneurs sociaux sélectionnés sont invités à participer à des réunions régionales ainsi qu’à la Réunion annuelle du forum où ils ont l’occasion de rencontrer de hauts représentants du monde économique et politique. Lors de la réunion annuelle de 2003, Jeroo Bilimoria a ainsi rencontré Roberto Blois, Vice-Secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications, une entrevue qui a débouché sur un partenariat clé pour son organisation Child Helpline International38.
Tous les ans le Forum choisit ses Technology Pioneers, une trentaine de jeunes entreprises à la pointe de la recherche dans les secteur biomédical, des télécommunications et de l’Internet. Depuis 2003, 391 entreprises ont ainsi été récompensées39.
Le Forum sert aussi de laboratoire d’idées et publie différents rapports économiques annuels40 (date de la première publication entre parenthèses) :
Le Global Competitiveness Report (1979) mesure la compétitivité des pays et des économies.
Le Global Information Technology Report (2001) évalue leur compétitivité en fonction de leur propension à utiliser les technologies de l’information (networked readiness).
Le Global Gender Gap Report (2005) analyse les domaines critiques d’inégalité entre les hommes et les femmes
Le Global Risk Report (2006) soupèse les principaux risques globaux
Le Travel and Tourism Competitiveness Report (2007) apprécie la compétitivité en termes de voyage et de tourisme.
Le Global Enabling Trade Report (2008) présente une analyse internationale portant sur un large éventail de mesures utiles aux échanges commerciaux entre les pays.
La Global Health Initiative (GHI) a été lancée par Kofi Annan lors de la Réunion Annuelle de 2002. Cette initiative a pour mission d’inciter les entreprises à conclure des partenariats publics-privés afin de lutter contre le HIV/sida, la tuberculose, le paludisme et de renforcer les systèmes de santé.
Lancée lors de la Réunion Annuelle de 2003, la Global Education Initiative (GEI) a mis en présence des multinationales spécialisées dans les technologies de l’information et les gouvernements de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Inde. La rencontre a débouché sur la mise à disposition de matériel informatique neuf dans les écoles et un nombre plus élevé d’enseignants locaux formés aux méthodes de e-learning. L’impact sur la vie des enfants est important. Le modèle GEI, qui est évolutif et s’inscrit dans la durée, sert désormais de projet éducatif dans d’autres pays tels que leRwanda.
L’Environmental Initiative porte sur les changements climatiques et l’eau. Dans le cadre du “Gleneagles Dialogue on Climate Change”, le gouvernement du Royaume-Uni a demandé au World Economic Forum, lors du 31è Sommet du G8 à Gleneagles en 2005, de favoriser le dialogue avec le milieu des affaires afin de formuler des recommandations visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Approuvées par un groupe international de CEO, ces recommandations ont été présentées aux dirigeants avant le Sommet du G8 à Toyako/Hokkaidō qui s’est tenu en juillet 200841,42. La Water Initiative réunit différents acteurs tels que Alcan Inc., l’agence suisse Direction du développement et de la coopération, USAID India, UNDP India, la Confederation of Indian Industry (CII), le gouvernement du Rajasthan et la NEPAD Business Foundation. Son objectif est de promouvoir les partenariats publics-privés sur la gestion de l’eau en Afrique du Sud et en Inde.
Désireux de lutter contre la corruption, différents CEO émanant des secteurs de l’ingénierie et de la construction, de l’énergie et des métaux et de l’exploitation minière ont lancé la Partnering Against Corruption Initiative (PACI) lors de la Réunion Annuelle de Davos en janvier 2004. La PACI est une plateforme d’échanges fondée sur des expériences pratiques et des situations conflictuelles. Quelque 140 entreprises ont signé cette initiative43.
Frederik de Klerk et Nelson Mandelaéchangent une poignée de main lors de la Réunion Annuelle du World Economic Forum à Davos en janvier 1992.
En 1971, Klaus M. Schwab, alors professeur d’économie à l’Université de Genève, invite 444 dirigeants d’entreprises d’Europe occidentale à participer au premier European Management Symposium organisé dans le nouveau Centre de congrès de Davos. Sous le patronage de la Commission européenne et de différentes associations industrielles du Vieux Continent, Klaus Schwab entend familiariser les entreprises européennes avec les pratiques de management en vigueur aux États-Unis. Il crée ensuite le European Management Forum sous la forme d’une organisation à but non lucratif sise à Genève et invite des dirigeants d’entreprises européennes à Davos, où se tient la réunion annuelle en janvier44.
Klaus Schwab développe la "stakeholder management approach", qui lie le succès d’une entreprise au fait que ses dirigeants prennent en considération les intérêts de toutes les parties prenantes, à savoir non seulement les actionnaires et les clients mais également les employés et les communautés au sein desquelles l’entreprise évolue, y compris les gouvernements45. Après les événements de 1973, notamment la fin du système des taux de change fixe consacré par les accords de Bretton Woods et la guerre israélo-arabe, la Réunion Annuelle ne s’intéresse plus uniquement aux questions de management: elle porte désormais aussi son attention sur les problèmes économiques et sociaux. Des responsables politiques sont ainsi invités pour la première fois à Davos en janvier 197446.
L'European Management Forum est rebaptisé World Economic Forum en 19877. Son objectif est d’élargir encore son rayonnement et de proposer une tribune pour résoudre les conflits internationaux. Les responsables politiques considèrent la manifestation de Davos comme une plateforme neutre susceptible de les aider à aplanir leurs différends47. En 1988, la Grèce et la Turquie signent la «Déclaration de Davos», éloignant ainsi le spectre d’une guerre qui semblait imminente. Lors de la Réunion Annuelle de Davos en 1992, le président sud-africain Frederik de Klerk, Nelson Mandela et le chef zoulou Mangosuthu Buthelezi se rencontrent pour la première fois à l’étranger. En 1994, le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres et le chef de l’OLP Yasser Arafat concluent un projet d’accord sur Gaza et Jericho48. En 2008, Bill Gates tient un discours sur le ‘Creative Capitalism’, une forme de capitalisme qui vise tant à générer des bénéfices qu’à résoudre les injustices dans le monde et qui exploite les forces du marché pour répondre aux besoins des plus démunis49,50.
Du 31 janvier au 4 février 2002, à New York, 32e Forum économique mondial
Du 23 au 28 janvier 2003, à Davos, 33e Forum économique mondial, réunissant 2 311 participants de 104 pays. Le 26, intervention de Luis Inacio da Silva, nouveau président du Brésil.
De simple réunion informelle de chefs d'entreprise européens, le forum de Davos s’est peu à peu transformé en club planétaire de décideurs. Il a acquis sur la scène économique mondiale un poids et un pouvoir impressionnants, ce qui fait dire à ses détracteurs qu’il est l’incarnation d’un impérialisme économique[réf. nécessaire]. La puissance du forum économique mondial est telle que, malgré son caractère non-démocratique (il n’est pas une instance élue), l’ONU a mis en place depuis 1998 un partenariat avec lui, permettant une implication croissante des entreprises dans le règlement des affaires économiques mondiales[réf. nécessaire]. Réseau de dirigeants organisés pour conforter la mondialisation libérale, le forum entend donc aussi faire jouer un rôle de plus en plus important aux dirigeants d’entreprises au détriment du rôle de régulation des Etats. Il œuvre à affirmer la légitimité d’une nouvelle « gouvernance globale » des affaires économiques mondiales, où les entreprises, par la prise en compte d’impératifs éthiques, par une implication citoyenne, seraient aptes à remplacer le rôle jugé défaillant et obsolète des Etats52.
Le Forum économique mondial, comme le G8, peuvent être considérés comme des institutions impérialistes puisque, alors qu’elles constituent des instances non élues, et qu’elles représentent non pas les intérêts de la population mondiale mais seulement des très grandes entreprises, banques et des Etats les plus riches, elles s’arrogent le droit de prendre des décisions majeures sur les orientations économiques du monde52.
À la fin des années 90, le Forum, le G7, la Banque mondiale, l’OMC et le FMI sont sévèrement critiqués par des activistes antimondialistes qui accusent le capitalisme et la mondialisation d’accroître la pauvreté et de détruire l’environnement. Près de 1500 manifestants perturbent le World Economic Forum à Melbourne, en Australie, barrant le passage à 200 délégués qui se rendent à la réunion53. A Davos, des manifestants protestent régulièrement contre la réunion des «nantis dans la neige» (fat cats in the snow), selon les termes du chanteur de rock Bono54.
En janvier 2000, un millier de personnes manifestent dans les rues de Davos, faisant voler en éclats la vitrine du McDonald's55. Depuis que des mesures de sécurité plus sévères empêchent les manifestants de se rendre dans la station grisonne, la plupart des démonstrations anti-Davos ont lieu à Zurich, Berne ou Bâle56. Les médias suisses ont critiqué à maintes reprises les coûts des mesures de sécurité, supportés conjointement par le Forum, les autorités cantonales et la Confédération57.
Depuis la Réunion Annuelle en janvier 2003, un Open Forum Davos est organisé parallèlement à la réunion principale afin d’ouvrir au public le débat sur la mondialisation. Réunissant personnalités politiques et dirigeants d’entreprise, l’Open Forum se tient chaque année dans l’enceinte de l’école locale. Le public peut assister gratuitement à tous les débats58,59. La Réunion Annuelle a en outre été décriée pour son «déploiement de fastes et de platitudes». Ses détracteurs lui reprochent de s’éloigner des grandes questions économiques et de fournir des résultats peu probants, en particulier depuis la présence toujours plus importante d’ONG peu compétentes en matière d’économie. Selon eux, Davos se penche sur des questions politiques du moment, très prisées des médias (réchauffement climatique, sida en Afrique, etc), au lieu de débattre de l’économie mondiale en présence d’experts renommés, de grands dirigeants économiques et d’acteurs politiques clés60.
Lewis Lapham, La montagne des vanités; Les secrets de Davos, traduit de l'anglais par Marie-José Capelle, publié chez Maisonneuve & Larose, ISBN 2-7068-1436-5. (récit humoristique et mordant de sa participation aux programmes de Davos par le rédacteur en chef du Harper's Magazine. Une peinture politiquement très incorrecte des "grands" qui nous gouvernent)
Barbara Kellerman, Reinventing Leadership: Making the Connection Between Politics and Business, publié chez SUNY Press, 1999,ISBN 0-7914-4072-9, 268 pages.
David Bornstein, How to Change the World: Social Entrepreneurs and the Power of New Ideas, publié chez Oxford University Press US, 2007,ISBN 0-19-533476-0, 358 pages.
David Rothkopf, Superclass: The global power elite and the world they are making, publié chez Farrar, Straus and Giroux, 2008, ISBN 0-374-27210-7, 400 pages
Geoffrey Allen Pigman, Global Institutions: The World Economic Forum – A multi-stakeholder approach to global governance, publié chez Routledge, 2007, ISBN 978-0-415-70204-1, 175 pages.
Klaus M. Schwab and Hein Kroos, Moderne Unternehmensführung im Maschinenbau, publié chez Verein Dt. Maschinenbau-Anst. e.V. ; Maschinenbau-Verlag, 1971
Mike Moore, A World Without Walls: Freedom, Development, Free Trade and Global Governance, publié chez Cambridge University Press, 2003, ISBN 0-521-82701-9, 292 pages.
INTERVIEW Le président-fondateur du Forum économique mondial (WEF) livre quelques petits secrets sur les arcanes du forum qui ouvre ses portes ce mercredi.
er>
Klaus Schwab, le fondateur du World Economic Forum de Davos. (c) Afp
Comment définiriez-vous l’ADN du World Economic Forum, qui organise la rencontre de Davos ?
Il a plusieurs composantes : un sens de l’innovation et de l'entrepreneuriat, doublé d’une culture du risque et de la réactivité, au service d’une vision. Ce Forum, je l’ai développé à partir de rien– uniquement de mes idées - il y a 44 ans. Aujourd’hui il emploie plus de 500 personnes et est connu dans le monde entier. Autre spécificité de sa culture : un esprit collaboratif qui unit nos quatre bureaux à Genève, Pékin, New York et Tokyo. Mon premier métier est professeur. Je continue d’ailleurs à prendre la parole dans des universités du monde entier (à Pékin, en Israël, aux Etats Unis…). Cette expérience m’a donné un sens de la pédagogie. Je ne me perçois pas comme une figure autoritaire du Forum, mais plutôt comme un coach, qui transmet le savoir.
Qu’attendez-vous de vos salariés ?
Un engagement total pour les missions du Forum. A l’instar de l’énergie que je lui voue depuis sa création, tout comme mon épouse Hilde, qui y travaille d’ailleurs bénévolement. Au cours de ma carrière, j’ai reçu plusieurs offres, certaines alléchantes, notamment chez un géant de l’industrie allemande. Mais à chaque fois j’ai décliné. Jamais je ne me suis détourné du Forum, auquel je me suis consacré depuis toujours à 100, voire 150%. Ma plus grande joie est de voir le même dévouement chez les employés du Forum.
Comment qualifiez-vous l’esprit de Davos ?
Davos est une tribune d’échanges, formels et informels, qui met davantage en exergue ce qui nous unit, plutôt que ce qui nous sépare. Ce que je recherche aussi, c’est une très haute qualité. Haute qualité de l’organisation, des échanges, des intervenants. J’ai l’habitude de parler de "first class". Mais, attention, sans jamais tomber dans le luxe exagéré et encore moins l’ostentation.
A Davos il y a aussi des principes, auxquels je tiens beaucoup. Tous les intervenants sont des acteurs du présent. Chez nous, vous ne verrez jamais quelqu’un du passé. Nous n’invitons que ceux qui font l’agenda d’aujourd’hui et de demain. Nous voulons ainsi aussi entendre de nouvelles voix, des voix jeunes. Autre principe intangible : nous ne versons aucun honoraire, jamais un intervenant, aussi prestigieux ou recherché soit-il, n’a été payé.
Qu’attendez-vous de la cuvée 2014 ?
Ce sera une rencontre passionnante. Bien différente, dans son atmosphère, de celle de l’an dernier, où la crise de l’euro occupait encore tous les esprits.Lentement, la confiance revient. Aujourd’hui, je suis redevenu optimiste; je suis un "optimiste inquiet", donc un optimiste prudent sur l’économie mondiale.
Sur le web : La déclaration attendue de Pierre Moscovici au forum économique de Davos: Olivier Marchal, dans Intégrale Bourse – 23/01