S'il peine encore parfois à s'appliquer, le modèle de l'entreprise ouverte -qui implique de faciliter les collaborations interservices et le développement de projets avec des partenaires externes- se développe à grande vitesse dans l'Hexagone, avec la bénédiction d'une grande majorité des salariés.
C'est ce qui ressort de la 22e édition de l'observatoire du travail BVA-BPI-L'Express, consacrée à l'open innovation, fruit d'une enquête réalisée du 23 au 30 septembre 2013 par l'institut BVA auprès d'un panel de 1000 salariés représentatifs de la population active occupée.
Premier constat: "Le modèle d'innovation ouverte tend à se généraliser et remporte l'adhésion des collaborateurs", relèvePhilippe Bigard, directeur de l'Institut du leadership, de BPI Group. 82% des salariés interrogés par BVA estiment en effet que cette forme d'organisation favorisant la collaboration avec d'autres services et directions est enrichissante pour l'entreprise et pour eux.
Ils sont aussi 75% à juger que la collaboration avec des partenaires permet d'être plus innovant et de réaliser des économies, et 78% pensent que cela favorise le développement économique de l'entreprise, tandis que 66% y voient un outil demotivation des équipes.
Le paradoxe de la R&D
Mais il y a plusieurs bémols. "L'essor de ce modèle d'innovation ne va pas de pair avec un renforcement du sentiment que l'entreprise investit suffisamment dans la R&D, ce qui peut sembler paradoxal", observe Philippe Bigard. Seulement 51% des personnes interrogées jugent actuellement que l'entreprise consacre des moyens importants à la recherche et au développement.
Parmi les explications possibles, le responsable de l'Institut du leadership estime que les liens des sociétés avec le monde extérieur "se resserrent peut-être davantage au sujet du recrutement (relations avec les écoles et les universités) ou desformations en alternance qu'au sujet de l'innovation".
Prendre en compte les avis des collaborateurs
En outre, "si 63% des salariés pensent que leur entreprise développe le travail sur des projets communs entre les différents services, les scores sont plus en retrait (à peine plus de 50%) sur le développement de projets communs avec d'autres organisations, sur l'expression des salariés dans l'entreprise ou sur la prise en compte des avis exprimés par les collaborateurs", constateChristophe Bouruet, directeur de clientèle chez BVA Opinion.
Le potentiel collaboratif des outils Web 2.0 (réseaux sociauxd'entreprise, communautés virtuelles, espaces de sauvegarde en ligne de type Dropbox...) semble d'ailleurs encore très peu exploité. Lorsqu'ils existent, ces outils sont pourtant ressentis comme "utiles" ou "très utiles" par une très forte proportion de salariés (de 74 à 92% selon l'outil considéré). A bon entendeur.