Ce qui se cache derrière le mot "usine" ne colle plus à l'image que continue à en avoir l'inconscient collectif : ce terme englobe aujourd'hui les chaînes d'assemblage comme les centres R&D ou encore les datacenters. Ces usines modernes doivent faire face aux contraintes de notre temps. Elles doivent être écologiques, économiques, flexibles... et pour tout cela, faire preuve de frugalité. Si hier "usine" et "frugale" étaient inconciliables, les outils et méthodes développés par l'industrie aujourd'hui les rendent tout à fait compatibles...
Parfois, le doute peut nous saisir. Alors que chaque jour charrie son flot de fermetures et de restructurations, on s’interroge : l’usine a-t-elle encore un avenir en France ? Nos sites de fabrication peuvent-ils s’écrire un futur ? Et si oui, lequel ? Dans quelles conditions ? Pour y fabriquer quels produits et de quelle manière ?
Pour bien parler du futur de l’usine, il faut donc effacer de notre mémoire collective les images d’Épinal, celles des cathédrales ouvrières qui surgissent spontanément lorsque l’on parle d’industrie. Et imaginer plutôt de petites unités plus flexibles, plus proches des consommateurs, aptes à produire des produits (presque) sur mesure à un coût proche des grandes.
Demain comme aujourd’hui, ces usines, dont nous tentons d’esquisser le portrait dans notre dossier spécial devront prendre en compte de multiples contraintes. Qu’elles soient technologiques, environnementales ou réglementaires, toutes pourraient se résumer en un mot : la frugalité. Dans les pays émergents comme dans les pays occidentaux, nos usines vont devoir apprendre à produire beaucoup plus avec beaucoup moins. L’équation peut paraître insoluble. Elle ne l’est pas. Avec l’impression 3 D et l’avènement de l’économie circulaire, avec les outils numériques et les nouvelles méthodes d’organisation de la supply chain, l’industrie commence déjà à se réinventer. C’est d’ailleurs la leçon principale de notre dossier spécial : le futur de l’usine s’écrit déjà aujourd’hui. Et c’est plutôt une bonne nouvelle, non ?
Thibaut de Jaegher