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Croissance: ces freins qui brident la reprise en France

22/12/13



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Croissance: ces freins qui brident la reprise en France

 Par Emilie Lévêque publié le 20/12/2013 à 12:28

La France ne devrait pas retomber en récession, selon l'Insee. Mais la reprise sera poussive, sans réel moteur, insuffisante pour faire baisser le chômage. Décryptage.

Croissance: ces freins qui brident la reprise en France
La reprise sera poussive en France en 2014, avec +0,2% par trimestre selon l'Insee
REUTERS/Gonzalo Fuentes

"Poussive". C'est ainsi que l'Insee qualifie la reprise en France au début de l'année prochaine. Selon les prévisions d'automne de l'institut national de la statistique, l'économie française devrait croître de 0,4% au quatrième trimestre 2013, mais de seulement 0,2% au premier et deuxième trimestre 2014. Au moins, l'économie française ne va pas retomber en récession comme le prédit l'institut Markit, qui publie l'indice composite mensuel PMI, et qui s'attend à un recul du PIB de 0,1% en fin d'année.

 
 

Au vu des récentes statistiques, "nous sommes assez confiants" sur le fait que l'Insee "a raison", a réagi Laurent Clavel, chef de la division synthèse conjoncturelle, lors d'une conférence de presse jeudi 19 décembre. La preuve: le moral des industriels français s'est amélioré de 2 points en décembre à 100, retrouvant un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis septembre 2011. L'Insee souligne en outre que "l'indicateur de retournement" dans l'industrie, un baromètre qui permet de prévoir les évolutions du secteur, était revenu dans une zone "signalant une dynamique conjoncturelle favorable".

Légère hausse du chômage jusqu'en juin

Même si le pire est évité, le mieux n'est pas encore pour demain. "Une vraie reprise, ce n'est pas une croissance de 0,2% par trimestre", a commenté Cédric Audenis, chef du département de conjoncture. Cette légère hausse du PIB ne sera en effet pas suffisante pour faire reculer le chômage - les économistes estiment qu'environ 1,5% de croissance annuelle est nécessaire pour créer des emplois en France. Pour le premier semestre 2014, l'Insee anticipe 36.000 nouvelles créations nettes de postes, notamment grâce aux contrats aidés et au crédit d'impôt compétitivité emploi, qui devrait permettre de créer 15.000 emplois supplémentaires par trimestre.

Ces créations nettes d'emplois (+88.000 entre fin 2013 et mi-2014) ne seront pas suffisantes pour absorber la hausse de la population active (+113.000 sur trois trimestres). A l'instar du FMI et de l'OCDE, l'Insee n'entrevoit donc pas une inversion de la courbe du chômage fin 2013, engagement de François Hollande. L'Institut anticipe ainsi une "très légère hausse du chômage" d'ici fin juin 2014 à 11%, contre 10,9% à fin septembre 2013.

>> Infographie: La courbe du chômage sous François Hollande

La consommation des ménages au ralenti

La reprise "est freinée de toutes parts", explique l'Insee. Le rebond de la croissance à la fin de cette année ne sera que ponctuel, lié notamment à une hausse de la consommation des ménages, soutenue par plusieurs facteurs ponctuels (déblocage de l'épargne salariale, achats anticipés d'automobiles avant le durcissement du malus écologique en janvier 2014). Mais ce moteur traditionnel de la croissance en France s'infléchirait en 2014 (+0,1% aux premier et deuxième trimestres).

En effet, la hausse de la TVA au 1er janvier devrait faire grimper l'inflation de 0,2 point, à +1,1% en juin 2014 contre +0,7 % en novembre dernier. Cette hausse de l'inflation va rogner les gains de salaires réels des enregistrés en 2013 (+1,1%), ce qui pèsera sur le pouvoir d'achat. Mi-2014, le pouvoir d'achat ne serait de 0,5% plus élevé qu'un an, grâce à un repli du poids des prélèvements sociaux et fiscaux. La promesse de "pause fiscale" de François Hollande est bien réelle.

L'investissement des entreprises sera poussif

Du côté des entreprises, les perspectives ne sont pas plus encourageantes. Malgré la montée en puissance du CICE, qui représenterait au premier semestre 2014 l'équivalent d'une hausse de 1,1 point du taux de marge, le taux de marge des entreprises resterait proche de son point bas. En conséquence, "l'investissement des entreprises ne sera ni un moteur ni un frein à la croissance. Il sera suiveur", selon l'Insee. Il devrait croître au même rythme que l'activité, voire être encore plus poussif.

La capacité exportatrice de la France est limitée

Reste la demande extérieure adressée à la France. C'est le seul espoir d'une croissance plus vigoureuse. Soutenue par les économies avancées, la demande mondiale adressée à la France serait dynamique sur les six premiers mois de 2014, à +1,3% par trimestre en moyenne. Les exportations françaises ne croîtraient toutefois que modérément (+0,7% par trimestre), pénalisées par l'appréciation de l'euro, ainsi que par les pertes des entreprises hexagonales depuis dix ans. "Elles pourraient toutefois être plus dynamiques si le retour de la confiance se confirmait dans la zone euro", souligne l'Insee.

C'est donc bien une reprise molle qui attend l'économie française, sans réel moteur puisque tous tournent au ralenti. L'acquis de croissance sera de +0,7% à fin juin 2014. Si le PIB grigne à nouveau +0,2% par trimestre sur la seconde moitié de l'année, la croissance atteindrait 0,9% en moyenne annuelle en 2014. C'est l'hypothèse retenue par le gouvernement dans son budget, adopté définitivement par le Parlement cette semaine. C'est moins que l'Allemagne ou que la Grande-Bretagne - Berlin table sur une croissance de 1,7% en 2014, Londres sur +2,4%), mais c'est dans la moyenne de la zone euro (+1,1% selon la BCE et la Commission européenne) et mieux que l'Espagne (+0,5%) et l'Italie (+0,7%).

 

 

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