![]() |
Des milliers de tonnes de céréales sont transportées par voie d'eau dans la région. |
En ces temps de développement durable, d’économie d’énergie, de diminution des coûts, le transport par voie d’eau a la cote. C’est le message qu’a voulu faire passer le Campus Euralogistic en organisant mardi, au pôle d’excellence de Dourges, une matinée sur le thème « Le fluvial, un business qui marche en Nord – Pas-de-Calais ». Chargeurs, affréteurs, transporteurs, chefs d’entreprises intéressés par ce mode de transport ont suivi avec intérêt les témoignages de plusieurs responsables logistiques d’entreprises sur les avantages du fluvial et les perspectives de développement qu’ils attendent.
De la matinée animée par le directeur Laurent Desprez et des représentants de différentes CCI, il ressort d’abord que le canal Seine-Nord est attendu de tous. Ils sont même pour la plupart certains qu’il se fera, persuadés que le transport fluvial a de beaux jours devant lui parce il réduit sensiblement le nombre de camions sur les routes, parce que compte tenu de la massification, il diminue les temps de transport, enfin parce qu’il coûte nettement moins cher. Sur le Nord – Pas-de-Calais (548 km utiles à la navigation de commerce dont 250 km à grand gabarit, 67 km à moyen gabarit, 221 km à petit gabarit c’est-à-dire au format Freycinet), le mode fluvial représente 25 % du transport « et tous les voyants sont au vert, il n’y a que l’embarras du choix. Nous sommes dans une vraie région fluviale, il faut montrer qu’il y a un bon réseau d’infrastructures » a insisté le directeur d’Euralogistic pour qui « le fluvial est à l’aube de quelque chose de beaucoup plus important, il y a un vrai mouvement qui se crée ».
Nombreux sont en effet ceux qui prévoient un accroissement des volumes en transport fluvial « qui permet de désengorger les routes, avec un bon bilan carbone ». Et certains de mettre en avant le la régularité des approvisionnements, jusqu’à 95 %, les facilités pour passer d’un mode de transport à l’autre notamment pour les conteneurs, la rationalisation des coûts de transport… Pour beaucoup de ces opérateurs, le mode fluvial présente des avantages incontestés.
« L’avantage du stock flottant, c’est qu’on peut gérer le bateau comme un entrepôt déporté » souligne le représentant de FLAG (Fluvial Logistique Approvisonnement Gimonprez) qui en 2013 assurera l’acheminement de plus de 5 000 conteneurs.« Quand on regarde l’écotaxe et les difficultés des transports, le fluvial a toute sa raison d’être » affirme un autre professionnel citant en exemple des clients « tout roues » qui réfléchissent de plus en plus à la voie d’eau. Du côté de Nord Céréales, entre 1983 et aujourd’hui la part du transport fluvial est passé de 5/10 % à 50 %, avec de grands espoirs sur le canal Seine-Nord. Un projet également intéressant pour la coopérative Advitam Unéal, premier chargeur voie d’eau en blé de France avec 20 à 25 bateaux par jour qui étudie par ailleurs des opportunités de flux de retour pour achalander ses 95 magasins Gamm Vert. Toyota Onnaing est lui aussi un grand utilisateur de la voie d’eau pour son approvisionnement en pièces détachées. Pour sa responsable logistique, l’expédition de voitures par ce mode de transport est tout à fait envisageable car plus économique et plus écologique, et d’autant plus avec le canal Seine-Nord.
Ardent défenseur de la voie d’eau, le directeur de Coenmans Béthune (récupération et valorisation de métaux), réexpédie à partir du port fluvial de Béthune-Beuvry des métaux recyclés dans le monde entier. Et M. Gilles de souligner l’enthousiasme de tous ses confrères dont les sociétés se trouvent en bord à canal, lui-même estimant que la voie d’eau est aussi adaptée aux petits volumes grâce à la mutualisation. « Le fluvial n’est pas une difficulté, c’est la solution ! » a conclu l’intervenant, relayé par Michel Gérard, en charge du port de Béthune-Beuvry à la CCI Artois pour qui Coenmans et Van Gansewinkel (spécialiste du recyclage des déchets industriels papiers, cartons, plastiques…) sont des exemples de réindustrialisation du territoire grâce au transport fluvial.
Le propos de la matinée était donc de mettre le transport fluvial en évidence, de donner envie aux entreprise d’y avoir recours. D’autant plus que Voies Navigables de France a présenté en fin de réunion les aides possibles pour les études logistiques dans le cadre du PARM (plan d’accompagnement au report modal), pour l’expérimentation du transport fluvial, pour l’aide aux nouveaux flux, etc…
Arques (CCI Grand Lille) : quai de 360 m accessibles aux unités de 3000 t, 10 000 m² de stockage extérieur, présence de silos.
Béthune-Beuvry (CCI Artois) : quai de 330 ml accessible aux unités de 3000 t, 20 000 m² de stockage extérieur, 10 000 m² de stockage à couvert, connexion ferroviaire.
Dourges (Delta 3) : quai de 250 ml accessible aux unités de 3000 t, 330 000 m² de surfaces logistiques, 14 voies ferrées de 750 m.
Quai de Guarbecque (communauté de communes Artois Flandres) : quai de 120 ml accessible aux unités de 3000 t, 2000 m² de stockage extérieur.
Port de Harnes (communauté d’agglomération de Lens-Liévin) : quais de 250 et 200 ml accesibles aux unités de 3000 t, 13 000 m² de stockage extérieur.
Port de Marquion (ville de Marquion) : quai de 285 ml accessible aux unités de 650 t, 5 800m² de stockage extérieur.
Le département du Nord compte lui aussi de nombreux ports intérieurs, les plus connus étant ceux de Lille, Valenciennes, Prouvy, Dunkerque…
URL courte : www.echo62.com/actu3662
Dourges | Arques | Harnes | Lens | Béthune | Guarbecque | Seine-Nord |fluvial |