L’entretien de recrutement est un moment important dans le processus de sélection. Il génère du stress, des questionnements, des suppositions, qui occupent les esprits et les détournent d’une préparation efficace. Il faut revenir à choses simples et basiques. Il s’agit d’une rencontre entre deux personnes dans le cadre professionnel. Plusieurs formes d’entretien existent : le face-à-face, la réunion de groupe, au téléphone ou sur Skype, le déjeuner …. Peu importe la forme, ce qui compte pour vous, c’est de piloter l’entretien autant que votre interlocuteur. Certes le recruteur a une position a priori plus confortable, il a un poste a pourvoir, ce n’est pas une raison pour accepter n’importe quelle forme de relation ou n’importe quelle question. En vous positionnant d’égal à égal, un acteur économique en rencontre un autre, vous faites passer le message que vous êtes responsable et assumez pleinement la situation. Ce n’est ni une épreuve, ni un examen, mais une réunion de travail pour analyser à deux si une opportunité se présente pour les deux parties.
Tout dépend si vous êtes en poste ou pas. Si vous êtes disponible, vous devez avoir la même attitude mature que celle que vous auriez naturellement si vous étiez en activité. Tout dépend des situations. Si vous avez répondu à une annonce, vous êtes le demandeur, ou si le cabinet vous a approché, c’est lui le demandeur. Dans les deux cas, mieux vaut garder la même attitude. Une négociation se conclut bien quand les deux parties en retirent un avantage. Dès le départ, si votre interlocuteur ne le fait pas, demandez-lui comment il envisage de répartir le temps de l’entretien et à quel moment vous aurez la possibilité de poser des questions. Bien sûr exigez respect de votre dignité et de votre vie privée. Si vous avez un malotru ne vous mettez surtout pas à son niveau, il aura beau jeu d’en tirer argument pour vous éliminer. S’il tente de vous intimider pour voir comment vous gérez votre stress, gardez votre calme et votre self-control. S’il essaie délibérément de vous faire sortir de vos gonds, faites référence à des expériences vécues de tension et de la manière dont vous en êtes sorti. Enfin, confronté à technique d’entretien agressive, vous avez la liberté de vous retirer, bien d’autres choses ne vous plairont pas dans cette entreprise.
Si vous n’avez pas eu avant l’entretien un descriptif complet du poste, mieux vaut ne pas répondre à certaines questions. Sur votre cursus, faites preuve de synthèse, allez à l’essentiel : votre hauteur et ampleur de vue montrent le recul que vous avez par rapport au poste. Bien évidemment, renseignez-vous à fond sur l’entreprise, son site, ses comptes, ses clients, sa présence sur le net, et sur votre interlocuteur par les réseaux sociaux, on ne parle pas de la même manière à un psychologue adepte de randonnée, à un ingénieur philatéliste ou un autodidacte geek et marathonien. Plus vous en savez sur l’entreprise et votre interlocuteur, plus vous serez apprécié : on ne jauge pas seulement un candidat à la qualité de ses réponses mais surtout à la pertinence de ses questions d’intelligence et non d’information. Si vous demandez des éléments que vous pouviez obtenir avant, cela montre que vous avez mal préparé cette rencontre.
Le recruteur n’attend pas que vous racontiez votre CV, mais que vous fassiez une analyse comparative entre les exigences du poste et les atouts acquis dans vos précédents postes. Son intérêt passe avant le vôtre. Vous avez devant vous un cadre pour lequel ce recrutement est important, sa hiérarchie lui a mis la pression, sa réussite à pourvoir ce poste conditionne aussi son avenir dans la société. Il est peut être sur un siège éjectable. Donc intéressez-vous à lui, rentrer dans sa « bulle », détectez son intérêt personnel et professionnel. Si pendant l’entretien, de manière directe ou indirecte, vous le convainquez que de vous recruter aidera sa propre carrière vous avez fait un grand pas.