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Et si les délocalisations étaient un phénomène marginal ?

15/6/13


Le Point

Dans son enquête sur les "chaînes d'activités mondiales", l'Insee relativise l'impact des délocalisations sur le déclin industriel français.

Et si les délocalisations étaient un phénomène marginal ?
© MAISONNEUVE / Sipa
 
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C'est une note de quatre pages qui risque de susciter la controverse. Dans son étude sur les "chaînes d'activité mondiales" des entreprises, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) chiffre l'ampleur des délocalisations après l'éclatement de la crise financière. Et tort le cou à quelques clichés.

 
 

Impact sur l'emploi limité

En trois ans, de 2009 à 2011, 4,2 % seulement des sociétés privées de 50 salariés ou plus (hors banques et assurances) ont délocalisé. Et 3,1 % seulement ont envisagé de le faire avant d'y renoncer ou de différer leur projet. Au final, cela ne représente que 20 000 emplois directs - 6 600 par an -, soit 0,3 % de l'emploi salarié des entreprises concernées de 2011 ! En ce qui concerne la seule industrie manufacturière, la proportion est un peu plus importante : 0,6 % de l'emploi 2011 du secteur (11 500 emplois).

Des chiffres à prendre avec des pincettes : ils reposent sur les déclarations des entreprises et ne prennent pas en compte les éventuelles suppressions d'emplois induites chez les sous-traitants, c'est-à-dire non directement liées à une délocalisation. À l'inverse, ils ne prennent pas non plus en compte les délocalisations depuis l'étranger vers la France. La crédibilité de l'enquête est renforcée par la cohérence de ces chiffres avec ceux des enquêtes antérieures sur le sujet, "d'un ordre de grandeur comparable" même si "un peu supérieur". À noter que la période de l'étude est une période de crise pendant laquelle "les entreprises se développent moins à l'étranger", selon l'Insee.

L'industrie et l'information-communication plus touchées

Ce sont les deux secteurs qui ont le plus recours aux délocalisations. Sans surprise, les entreprises industrielles spécialisées dans la fabrication électrique, de produits informatiques et optiques sont 22 % à avoir délocalisé. Elles l'ont souvent fait sur leurs activités de coeur de métier. Dans les services d'information et de communication, ce sont les services informatiques qui opèrent le mouvement, mais souvent pour des fonctions support.

Des délocalisations d'abord au sein de l'Union européenne

Logiquement, plus la taille du groupe considéré est grande, plus il a tendance à délocaliser. La proportion d'entreprises de 5 000 salariés ou plus qui sont passées à l'acte entre 2009 et 2011 pour au moins une partie de leur production a atteint 10 % de leur nombre total fin 2008. Mais ce mouvement de délocalisation concerne d'abord l'Union européenne (55 %) ! Et parmi les pays concernés figurent d'abord les pays d'une richesse comparable, c'est-à-dire l'Europe à 15. 22 % seulement des délocalisations s'opèrent dans les nouveaux États membres, entrés en 2004. La Chine ne représente finalement que 18 % des délocalisations des sociétés, une proportion identique à celle de l'Inde. Les entreprises lui préfèrent l'Afrique, plus proche et souvent francophone, où elles bénéficient d'un coût de main-d'oeuvre limité.

Des délocalisations pas uniquement liées aux coûts salariaux

Les entreprises ne recherchent pas forcément à réduire leur coût de main-d'oeuvre : le déplacement en Chine et en Inde répond souvent à un impératif de réduction d'autres coûts ou d'accès à des marchés porteurs. En ce qui concerne les déménagements vers d'autres pays européens avancés, les motifs sont "plus diversifiés". Et lorsqu'ils concernent des coûts, ce ne sont souvent pas les coûts salariaux.

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